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Le fort de Sainte-Adresse / Les jardins suspendus du Havre 

  • La genèse du fort.

 Le fort apparaît  sur un projet de plan de défense daté du 16 janvier 1844. Sa fonction principale est alors la défense de la « petite rade » d’une attaque anglaise venant de la mer. Construit sur la commune de Sanvic (absorbée par Le Havre en 1955) sa construction s’étale entre 1854 et 1864 environ.

Après la fin de sa construction l’effectif « normal » sera d’environ 500 hommes (recensement de 1911), mais en cas de guerre et l’utilisation des casemates comme caserne on peut monter à 1500 hommes.

Le coût du fort est estimé en 1875 à 4 400 000 francs-or, et le fort est loin d’être achevé totalement, et sans compter les modernisations d’après 1890.

  • Pourquoi un fort ici ?

Les anciennes défenses de 1787 sont totalement obsolètes et surtout dépassées par l’urbanisation qui a repoussé les limites de la ville bien au-delà des remparts.

A cette époque le « fort de l’Ouest » se trouve à quelques centaines de mètres de l’emplacement choisi pour construire celui qui portera de nom de Fort de Sainte Adresse.

 Avec son « voisin » le fort de l’Est, le fort de l’Ouest est jugé délabré et inapte à défendre la ville contre la moindre attaque.

Les projets de fortifications nouvelles suivent ceux de rénovation et d’extension urbaine.

Le projet de janvier 1844 prévoit une véritable ceinture fortifiée autour du Havre. Sainte-Adresse (prévu pour 300 hommes) en est l’extrémité Ouest, puis une série de forts et redoutes reliés par une enceinte fermée rejoint l’océan au Sud de la zone portuaire. Ce projet provoque un tollé. Il est même prévu 3 forts en mer ( !)

  • Une construction « sans fin »

De fait les travaux du fort démarrent en vers la fin de l’année 1854, alors même qu’un certain nombre d’éléments et détails sur la construction du  fort n’ont pas encore été tranchés. Le directeur des fortifications propose de décaler le fort pour éviter l’achat d’un terrain particulièrement coûteux, ce qui est refusé pour les conséquences sur le plan militaire.

La phase d’achat des terrains s’éternise, certains propriétaires dont le village de Sanvic et les Hospices du Havre doivent même être expropriés. De ce fait certains terrains ne sont achetés qu’en 1856, bien après de début des travaux, mais ce n’est pas un cas isolé dans la construction de forts.

La forme de l’ouvrage a été déterminée par le terrain et les missions de l’ouvrage. Depuis le 1er   projets il s’agit d’un ouvrage à la forme carrée avec des bastions à chaque angle. Seule la forme de ces bastions diffère les uns par rapport aux autres.

Les travaux du fort sont confiés à l’entrepreneur Garnier du Havre qui a déjà participé à édifier le réduit de la citadelle en 1847.

Des soldats russes et sans doute polonais, prisonniers de la guerre de Crimée capturés 1854 en Finlande dans la forteresse de Bomarsund débarquent le 13 juillet 1855 au Havre en provenance de l’Ile d’Aix, où ils étaient incarcérés. Les soldats logent dans des baraquements à proximité du chantier. Ils ne resteront qu’un mois sur place, et par conséquent la « légende » comme quoi ce sont des prisonniers qui auraient construit le fort les largement exagérée.

En effet leur travail est de courte durée sur place puisqu’ils réembarquent en direction de la Baltique pour une zone neutre le 17 août 1855.

Si la construction du fort commence autour de décembre 1854 certains travaux ont déjà débutés précédemment, comme la construction de la route d’accès sous le long duquel passe un aqueduc pour l’écoulement des eaux du fort. Un puits est également creusé à une profondeur de 50 m.

Les fossés pour l’escarpe des fronts I-II/II-III/III-IV sont terrassés. Au total il est estimé un volume de 99 000m3 de terres déplacés pour creuser les fossés et les fondations, qui commencent à être maçonnées.

Le fort est construit en briques, façonnées et cuites sur place pour partie, la terre argileuse du site se prêtant particulièrement à cela. Mais la quantité nécessaire oblige l’entrepreneur Garnier à se fournir dans une briqueterie proche de Fécamp.

Le fort est édifié par des ouvriers civils qui ont été recrutés par François Garnier sur annonces, dans de nombreux départements limitrophes. Les conditions de travail sont difficiles, les accidents nombreux, et les salaires versés par l’entrepreneur si maigres que nombre d’ouvriers venant de loin ne peuvent se loger et se nourrir avec leur salaire !

Le renfort des prisonniers au cours de 1855 est bienvenu malgré la faible durée de leur présence sur le chantier, et les travaux avancent au cours de cette année.

Les fossés sont élargis au Nord et à l’Est de l’ouvrage, les fondations des contreforts de la courtine III- IV et du flanc gauche du bastion IV sont réalisées. Les murs d’escarpes du bastion II et III montent à dix mètres au-dessus du fond du fossé. Les murs des casemates Nord et Est destinées au stockage du matériel et aux logements des hommes en temps de guerre sont élevés jusqu’à hauteur de leurs piédroits. Une citerne de 300 000 l est maçonnée à l’angle du flanc gauche du bastion IV.

En 1856 les murs s’élèvent : Les voûtes des casemates s’élèvent, deux canalisations pour évacuer les eaux usées également. Tout un système de récupération des eaux de pluie est prévu, les voûtes pour cela sont recouvertes asphalte pour l’étanchéité. Ce système s’avèrera très peu productif du fait de la terre argileuse recouvrant les voutes.

Un puits produisant 40 m3 par 24h est également creusé mais nécessitera l’installation d’une pompe pour répondre aux besoins après 1868.

En 1857, les crédits manquent et le gros œuvre achevé, le chantier s’arrête ! Le surcoût est déjà de plus de 400 000 francs.

Il semble que ces travaux reprennent en 1861, avec de nombreux arbitrages et priorités données à certains travaux primordiaux.

Cette année là les toitures des deux casernes de troupe sont réalisées, puis en 1862 c’est le magasin à poudre qui est terminé. Le second magasin prévu à proximité du bastion I est en cours de travaux, mais à cette date seul le vide sanitaire est achevé. Ce magasin ne sera finalement pas construit.

Les travaux d’achèvement s’étalent encore jusqu’autour de 1864, pour le fort proprement dit.

Mais nouvelles contraintes budgétaires oblige, certains travaux sont différés jusqu’en 1875, dont la construction des contrescarpes, soit au-delà de la guerre franco-prussienne de 1870-1871.

  • Le fort au cours des guerres successives.
  •  La guerre franco-prussienne de 1870-1871

Lorsque la France déclare la guerre à la Prusse le Havre n’est qu’un centre d’approvisionnement. Les fortifications sont incomplètes, insuffisantes et peu armées. La troupe est aussi peu nombreuse. Le fort de Sainte-Adresse est alors utilisé comme casernement.

Après la défaite de Sedan et l’avancée de l’armée Prussienne sur Paris, la ville du Havre est mise en état de défense, autour du 7 septembre 1870. Des travaux sont entrepris, essentiellement de terrassement pour créer des redoutes, des fossés et des parapets de terre et relier les ouvrages entre eux.

En décembre 1870 l’armement du fort de Sainte-Adresse est le suivant :

- Bastion I : 3 canons et 1 obusier

- Bastion II : 7 canons et 1 obusier

- Bastion III : 6 canons et 3 obusiers

- Bastion IV : 2 canons et 2 obusiers

La troupe est composée de 230 hommes.

Différentes troupes viennent y prendre casernement, comme Félix Faure de janvier à mars 1871, alors qu’il commande un bataillon (le 6ème) de 1062 soldats mobilisés, originaires de Seine Inférieure (la Seine-Maritime d’aujourd’hui).

Un armistice provisoire signé le 28 janvier 1871 puis un définitif le 28 février « libère » dès le 2 mars  des milliers de soldats consignés dans les forts, casernes et retranchements.

De nombreuses unités militaires quittent la ville, notamment en direction de Paris pour maintenir l’ordre.

De mars à juin 1871 les troupes occupant Le  Havre se composent que du 20ème  bataillon de chasseurs à pied, caserné au fort de Sainte-Adresse et de la 13ème  ligne du 8ème  d’artillerie.

Les 1ère et 2ème  compagnies du 20ème  bataillon de chasseurs restent au fort jusqu’au 4 janvier 1872.

Après la fin de la guerre les progrès de l’armement, en portée et en précisions imposent l’éloignement et la dispersion des forts et ouvrages chargés de défendre les cités.

Il convient maintenant de limiter l’argent investi dans ces ouvrages, mais malgré cela il s’agit tout de même de leur assurer un certain niveau d’efficacité.

Pour cela un nouveau magasin à poudre bien moins vulnérable est construit sous le bastion I, et qui porte un chronogramme « 1888 ». Il s’agit d’un simple local qui sans doute jugé insuffisant sera remplacé par un « vrai » magasin creusé plus profondément et surtout bien plus vaste de dimensions 13,5m X 5,5m, aux alentours de 1896. D’autres travaux sont menés, construction de batteries de canons de 95 au bastion II et canons de 270 au bastion IV.

Jusqu’à la 1ère guerre mondiale de nombreuses unités se succèderont, logeant dans les deux bâtiments de caserne de la cour.

Après 1875, Le fort  accueille alternativement les 119ème  et 129ème  régiments de ligne et à partir de 1905, uniquement le 129ème  régiment d’infanterie.

Le 1er bataillon d’artillerie à pied semble y vivre également de 1899 à 1909.

En 1910, trois batteries du 2ème  régiment d’artillerie à pied y sont logés soit environ 450 hommes. Un document atteste de la présence de ce régiment en décembre 1912.

En 1911, un peloton de la Garde Républicaine mobile de la 10ème  légion est chargé du maintien de l’ordre au Havre.

 

Le fort connaît plusieurs épisodes de pénurie d’eau malgré le puits et les citernes.

Les rats y pullulent et il y aura même une épidémie de fièvre typhoïde en 1885. Il semble que les conditions d’hygiène et de casernement des troupes  soient médiocres et ont encouragé cela.

  • La première guerre mondiale.

Lorsque la guerre arrive le fort n’est plus utilisé que comme « simple » caserne.

Corvée de patates en 1915 au fortCorvée de patates en 1915 au fort

Avant la déclaration de la guerre le 1er août 1914, trois régiments sont présents au Havre : les 329ème  et 129ème  régiments d’infanterie ainsi que l

 

e 24ème régiment d’infanterie territoriale.

 

Mais sitôt l’entrée en guerre du Royaume-Uni, la ville se peuple de milliers de soldats britanniques. Le fort serait passé  à près de 2000 habitants, alors que tous les édifices pouvant accueillir la troupe se peuplent. Sans doute ce chiffre compte aussi les soldats logés dans divers locaux, salles et écoles à proximité.

Lorsque le front se rapproche du Havre avec la prise de la Somme fin août 1914, la ville est à nouveau mise en état de défense. Le rôle capital du port pour l’approvisionnement et le débarquement des troupes rend la zone stratégique.

Le 28 août 1914 c’est le 80ème régiment d’infanterie territoriale de St-Lô qui prend casernement au fort, et cohabite avec le 1er bataillon d’artillerie à pied de réserve.

Le fort est désarmé en 1916 comme beaucoup d’ouvrages, les pièces d’artillerie envoyées au front. Le fort traverse « tranquillement » la guerre, comme caserne et dépôt de régiments français.

  • L’entre deux guerres

Après la fin de la guerre le fort sera réarmé de batteries de canons de 24 cm et de 95 mm, cédées à la Marine, et de canons antiaériens de 75 mm.

A partir de 1924 c’est le peloton N°41 de la Garde Républicaine mobile à cheval qui occupe les lieux. Les bâtiments de casernement sont divisés en logements individuels pour les soldats.

Une partie des locaux sont à la disposition de la Marine, du matériel photoélectrique de DCA est également stocké ainsi que diverses munitions et matériels.

En 1930 le général Charpy de l’Etat-major du 3ème corps d’Armée demande le déclassement du fort. Las, le fort fait partie du plan de défense antiaérienne du Havre, et ne peut être déclassé.

La vie s’écoule de façon paisible, presque bucolique autour du fort. Les gardes républicains et les soldats du 129ème RI ont établi des jardins potagers sur les glacis près du bastion IV.

Le fort encore à l’écart de l’urbanisation du centre est une zone verte appréciée, les scouts viennent le jeudi y jouer, de nombreux habitants proches s’y promener, alors que les soldats y manoeuvrent occasionnellement.

En 1936 un projet de nouvelle caserne extérieure pour une quarantaine de nouveaux gardes républicains est étudié puis abandonné.

  • Seconde guerre mondiale, le fort retrouve sa vocation première.

Le 3 septembre 1939 c’est la mobilisation générale, comme partout en France. S’ensuit la « drôle de guerre », jusqu’en avril 1940 où l’Allemagne attaque.

Le 13 juin les allemands investissent Le Havre, et naturellement s’installent au fort de Sainte-Adresse. C’est l’armée de terre allemande qui occupe les lieux et le fort est intégré au projet du « mur de l’Atlantique ».

Les travaux débutent après octobre 1942, et sont achevés seulement en juin 1944.

Sur le bastion I et à proximité, 3 blockhaus de type R671 avec un canon de 105 mm, une soute à munition R607, et dans la cour 4 blocs R622 pour 20 hommes.

Les hommes casernés dans le fort appartiennent à la Heeres-Küsten-Batterie, l’artillerie côtière de l’Armée de Terre. En décembre 1943, la 2ème  compagnie du 778ème  régiment d’artillerie côtière de l’Armée de Terre (H.K.B. 2./778) installée dans le fort est transformée en 2ème  compagnie du 1254ème  régiment d’artillerie côtière (H.K.R 2./1254). . Le fort ouvre notamment le feu sur un groupe de navires  ennemis le 28 avril 1944 dans la nuit.

Des pièces antiaériennes « Flak » sont installées, ainsi que deux projecteurs dont un de 2m de diamètre.

Le fort est évidemment comme le reste de la ville la cible de l’aviation ennemie, comme le 29 juin 1944, sans dégâts notables.

Lors de la période d’occupation allemande le fort est investi par 7 officiers, environ 200 hommes et une dizaine de chevaux. De nombreux ouvriers civils travaillent à la construction des fortifications allemandes.

Lors de la reprise de la ville par les britanniques le fort est aussi pris pour cible, mais pas seulement par l’aviation cette fois-ci mais par les canons de navires anglais.

Le 8 septembre les tirs d’artillerie navale visent le fort, et en particulier sur la partie près du bastion II. Des munitions sont entreposées là, et une énorme explosion détruit les alvéoles 2, 3 et 4. Le mur d’escarpe est totalement soufflé jusqu’au fond du fossé.

C’est par cette brèche que des hommes des FFI investiront le fort le 12 septembre. Mais avant cela les allemands dans le fort résistent, et les troupes écossaises ne savent trop comment investir cette forteresse ceinturée de mines, et franchir ces murs épais. 90 ans après le début de sa construction le fort, s’il n’a pas protégé la ville, par ses hautes murailles, donne du fil à retorde à ses assaillants, qui finalement hissent le drapeau blanc vers 16h, soit 4h après la reddition officielle de la « Festung Le Havre ». Des soldats écossais franchissent l’escarpe peu après l’entrée des FFI, juchés sur des échelles empruntées alentours et c’est comme cela que le fort tombe.

  • L’après-guerre

Les allemands à peine partis, c’est au tour des américains d’investir les lieux. Le Havre est devenu un point névralgique, d’abord du débarquement de matériel et de troupes, jusqu’à l’armistice de 1945, puis ensuite de point de retour pour les troupes vers les USA notamment.

Comme d’autres endroits du secteur, le fort devient un « camp cigarette », car ces différents camps prennent le nom de marques de cigarettes. Le fort devient le camp « Home Run » et compte jusqu’à 2000 hommes ; ceux qui sont là sont des blessés en attente de rapatriement, de permissionnaires etc… Une véritable ville entre les murs et autour du fort.

C’est à cette époque que Arthur Lenne, peintre décorateur, personnage atypique est recruté pour exécuter divers travaux (pancartes, blasons, décorations murales) se fait remarquer est désigner pour peindre une fresque dans le magasin à poudre extérieur. Les créneaux à lampe sons bouchLe fort en 1946 avec les installation du camp "Home run"
Image GéoportailLe fort en 1946 avec les installation du camp "Home run" Image Géoportailés, le mur de briques enduit et la scène de crucifixion est réalisée en 3 mois.Arthur Lenne devant une reproduction de sa fresqueArthur Lenne devant une reproduction de sa fresque

Mais après aout 1946 les américains quittent Le Havre. Ils laissent au fort beaucoup de matériel, leurs installations, et en 1949 les gardes républicains mobiles (devenus gendarmes mobiles en 1954) reviennent occuper les lieux.

Entre-temps la question de l’usage du fort est revenue, mais une nouvelle fois l’armée le conserve, et une partie est toujours concédée à la Marine.

Les familles des gendarmes mobiles quittent le fort en août 1972 à regrets malgré le  confort spartiate des logements.

Plusieurs projets n’aboutissent pas jusqu’en 1974 ou le groupement d’instruction et le centre mobilisateur du 74ème Régiment d’Infanterie basé au fort de Tourneville s’installe dans les murs. On y passe les « classes » ou on y apprend la mécanique, il y a des parcours acro-branches, tyroliennes etc…On stocke aussi des munitions dans le magasin en cas de conflit, et des véhicules Jeep, camions etc.

L’abandon arrive après juin 1979 lorsque le centre mobilisateur est dissous, comme le 74ème RI qui l’a été 3 ans avant. L’armée n’a plus de fonction à lui offrir, le fort est muré, les fossés hérissés de barbelés…

La lente mais certaine ruine arrive avec son lot d’intrusions, vols et dégradations en tout genres.

 

Comme toutes ces zones abandonnées tout un tas de trafics et d’individus peu recommandables prennent le fort comme terrain de jeux. Les fossés deviennent aussi des déchetteries et des casses automobiles à ciel ouvert, l’armée se contentant de boucher parfois les accès illicites, et récupérant occasionnellement les ferrailles. Bientôt la nature recouvre les ruines des bâtiments de casernements aux toitures percées, vitres brisées etc…

L’ensemble se transforme en un gigantesque roncier au fil du temps, mais des espèces botaniques et animales en profitent aussi et repeuplent ce chaos.

De nombreuses études se succèdent pour savoir quoi faire de l’ouvrage qui continue de se dégrader, une verrue  insalubre et très mal famée.

Des projets plus ou moins farfelus voient le jour tantôt logements, hôtel, terrain de motocross, centre équestre, centre de recherche etc etc etc…

La ville du Havre ouvre un processus de négociations pour acheter le fort. Plusieurs campagnes de dépollution pyrotechnique permet de récupérer plus de 4000 objets potentiellement dangereux (obus, balles grenades etc).

Enfin en 2000 après 4 années de discutions, la ville devient propriétaire du fort.

  • Les jardins suspendus

Le vieux fort cède sa place en 2008 à un jardin botanique remarquable. Les bâtiments de casernements ont disparus, trop endommagés par des années d’abandon et de dégradations, les blockhaus allemands ont été murés et effacés du paysage sous la terre végétale, sur laquelle pousse maintenant des plantes et végétaux des 4 coins du monde.

Un jardin thématique est aménagé dans chaque bastion ; trois d’entre eux évoquent les principales régions pourvoyeuses de plantes désormais habituelles dans les jardins français : l’Amérique du nord, l’Asie orientale, les terres australes.

Le bastion I accueille un  jardin qui rend hommage aux explorateurs du XXIème siècle qui continuent à parcourir le monde pour rapporter de nouvelles variétés d’acacias, d’érables, de jasmins ou de fusains.... Le bastion II accueille le jardin d’Asie orientale avec les  rhododendrons, érables japonais, bambous, glycines volubiles chinoise et japonaise... Le bastion III le jardin d’Amérique du nord et les sumacs, cornouillers... Le bastion IV est dédié aux plantes australes, eucalyptus, véroniques arbustives, fougères de Nouvelle-Zélande La cour est transformée avec les serres de collections et  les serres municipales. L’ouvrage est maintenant un espace de lumière ouvert, qui se visite toute l’année et dont l’entrée est gratuite.

Du côté de l’entrée Nord une roseraie a été aménagée, et des chemins de promenades parcourent l’ensemble des bastions et dessus du fort.

Le fort de Sainte-Adresse/ jardins suspendus du Havre constitue un exemple remarquable de reconversion d’un site qui marie le passé militaire de l’ouvrage, qui n’a pas été occulté (à l’exception des blocs allemands qui ont été ensevelis avec précaution)  à un espace botanique de 1er ordre, organisé et entretenu dans un soucis permanent de développement durable par une équipe sensibilisée et intéressée à la fonction initiale du lieu.

 

Un endroit agréable à parcourir et à re-découvrir en toutes saisons. L'accès au fort et les promenades sont en accès libre et la visite des serres (cactées, orchidées etc...) payante mais à un prix très modique (2€).

 Le programme 2016 des "jardins suspendus"

Merci à l’équipe des Jardins suspendus du Havre pour leur accueil et leur disponibilité, à messieurs Hébert et Levain de la Ville du Havre.

Informations:  IFF et rapport de validation du Master professionnel de Mlle L.Bréhier, "Fort de Sainte-Adresse, recherche historique et propositions de valorisation" commandé par la Ville du Havre.

Le fort de Sainte-Adresse en images

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